Cheval sauvage

 

Observation aux Hauts-Buttés (FR) le 19 juin 2011

  • Equus
  • Ordre:  Perissodactyla
  • Famille:  Equidés


En juin 2011, lors d'un week-end d'éthologie dans les marais des Hauts-Buttés (France), nous avons traversé une zone clôturée peuplée par des chevaux dits "sauvages". Ces chevaux seraient des descendants du Tarpan Equus ferus, ils dériveraient de ce cheval primitif apparu sur le continent européen après la dernière glaciation du quaternaire.


Le Tarpan est aujourd'hui une espèce éteinte, le dernier aurait disparu en 1887 au zoo de Munich.

 

Dans les années 1930 le Professeur Tadeusz Vetulani de l'Université de Poznań en Pologne a tenté de reconstituer la race éteinte des Tarpans à partir des races existantes ayant conservé des caractères jugés primitifs, d'où les similitudes avec le Konik polski, autre espèce rustique.


À cette fin, Vetulani récupéra les chevaux les plus typés et obtint en 1936 de les rassembler dans une réserve à Bialowieza, en Pologne. La seconde guerre mondiale anéantit une partie de ce travail. Le projet de réintroduction du Tarpan en forêt primaire de Bialowieza fut abandonné.


Si les chevaux sauvages représentent un patrimoine historique indéniable, les populations de chevaux sauvages sont généralement controversées dans certaines parties du monde. Ces hardes sauvages pourraient concurrencer les animaux domestiques pour la consommation de végétaux, et piétiner les surfaces cultivables… Ce sont des arguments avancés par certains agriculteurs…

 

Aujourd'hui des projets de réintroduction existent . Du fait de leur rusticité, ces chevaux sont utilisés pour la gestion écologique de nombreux parcs et réserves naturelles.

 

Cheval sauvage 

La harde, ou comment vivre ensemble

 

Le cheval est un animal grégaire. Il vit en harde d'une petite dizaine d'individus composée généralement d'un étalon protecteur qui se reproduit avec les juments de la harde, de trois à quatre juments dont la plus âgée est souvent la dominante et de leurs poulains sur deux ou trois années.


Les juments exercent le rôle de reproductrices et de nourrices pour leurs poulains. La jument leader, souvent la plus âgée du groupe, conduit la harde lors de ses déplacements. Ses instincts doivent coïncider avec ceux des autres individus du groupe : trouver un point d'eau, de la nourriture, un lieu où se reposer, un point d'ombre, etc. Elle se décide à agir en premier pour satisfaire ses besoins. Son expérience lui permet d'avoir souvent plus d'à propos que les autres. Il peut cependant y avoir un individu leader par activité (celui qui a en général la bonne idée d'aller vers l'eau, un autre qui pense à se mettre à l'ombre au bon moment, un autre encore qui décide de changer de type d'herbe). Le leadership est totalement indépendant de l'état hiérarchique de la harde.

 

Dans la harde, il existe une hiérarchie de type dominant/dominé, établie généralement en fonction de l'âge des individus et de leur tempérament. La hiérarchie n'est absolument pas pyramidale, sauf exception liée au hasard des individus. Si A domine B et que B domine C, alors A ne domine pas forcément C. Cette hiérarchie se stabilise au bout de quelques mois de vie commune et n'est en général pas ou peu remise en cause (les juments en gestation auraient tendance à gagner un peu en dominance sur les autres, mais ceci reste anecdotique). Au sein du groupe, l'ordre et la hiérarchie se maintiennent par des manœuvres d'intimidation, notamment via un langage corporel très développé : le cheval se défend ou se fait respecter des autres par des menaces précédant si nécessaire des ruades ou des morsures.

 

Jusqu’à l'âge de deux ans environ, les poulains et les pouliches restent dans leur groupe, puis partent d'eux-mêmes ou sont chassés par l'étalon. Il est très rare qu'un étalon se reproduise avec l'une de ses propres pouliches, ce comportement préserve la harde de la consanguinité. Les jeunes mâles chassés se regroupent pour former un troupeau au sein duquel ils s'aguerrissent en pratiquant des jeux et des combats fictifs durant quelques années. Quand ils ont pris assez d'assurance, ils peuvent créer leur propre harde. Pour ce faire, ils disposent de plusieurs choix, l'un d'eux consiste à provoquer un étalon en duel. S'ils gagnent le combat, ils "récupèrent" les juments du vaincu à condition qu'elles acceptent de le suivre. Ce comportement privilégie la descendance des étalons les plus forts. Un jeune étalon peut aussi former sa harde en dérobant des juments à d'autres étalons, pour peu qu'elles n'apprécient pas leur harde actuelle ou qu'il s'agisse de pouliches en âge de la quitter. L'arrivée de jeunes juments de deux ou trois ans venant de quitter leur troupeau familial est une autre opportunité pour un jeune étalon de former sa harde.

 

Cheval sauvage 

Activité principale : se nourrir


Le cheval sauvage passe près de 16 heures par jour à brouter. Lors des hivers rigoureux, ces heures se prolongent en raison des besoins énergétiques qui augmentent pour lutter contre le froid. Les dents et l'appareil digestif de petite taille sont adaptés à cette activité. Petit, l'intestin n'est pas prévu pour stocker de la nourriture en grande quantité et impose donc de prendre des repas plus petits et plus nombreux, chose que le cheval sauvage fait en broutant continuellement. La recherche de nourriture est une activité importante du cheval, il doit changer de lieu de pâture lorsque l'herbage vient à manquer, à cette fin, il parcourt des distances très importantes. Le cheval en liberté doit aussi trouver de quoi assouvir sa soif. Un cheval boit 20 à 40 litres d'eau par jour et parfois plus en fonction des conditions climatiques, de sa taille, des efforts fournis et de la nature de son alimentation.

Un sommeil à tour de rôle


Les chevaux sauvages consacrent très peu de temps au sommeil. Dans la harde, ils ne dorment jamais tous en même temps et se relaient en cas de danger, comportement hérité de l'époque où de dangereux prédateurs pouvaient les surprendre à n'importe quel moment. Le cheval ne dort pas plusieurs heures d'affilées mais par petites périodes. Il est capable de dormir debout pour les phases de sommeil léger. Cependant, il a besoin de se coucher pour les phases de sommeil profond.

 

 

Courage, fuyons


Le cheval est un animal fuyard qui n'est pas taillé pour le combat. Au moindre danger que les "guetteurs" peuvent percevoir, même à des centaines de mètres, le cheval prend instinctivement la fuite.

 

 

Sources: